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Alexia Vic / “Transfer”

Transfer n’est pas le portrait d’un nouveau genre, mais une ode à la quête d’identité.

Je me souviens de ce jour où j’ai vu le film « Victor Victoria » pour la première fois, j’avais dix ans.  À cet instant, j’ai su que l’androgynie me passionnerait. Ce film parlait – au-delà des relations, parfois complexes, entre un homme et une femme – du sentiment d’impuissance face à l’amour, à la quête d’identité. Je trouvais cela fascinant. Ce film évoque encore aujourd’hui pour moi des souvenirs d’enfance, comme des journées passées avec les amis homosexuels de mes parents. Ils étaient si tendres, sans haine ni violence, tout paraissait si simple avec eux. Leur goût du raffinement était sans égal, ils mélangeaient à merveille la liberté de l’homme et la beauté de la femme.

Ainsi, je n’ai pas encore fait le tour de la féminité, je suis toujours en recherche d’une harmonie entre le féminin et le masculin, deux opposés pourtant bien inscrits en moi. Je me retrouve beaucoup dans les personnes que je photographie. Ils sont en pleine construction, certains sont en transfert, leur vie est une grande source d’inspiration, une magnifique leçon de vie. C’est pour cette raison que mon projet ne prend appui sur nulle source artistique, si ce n’est leurs vécus, le chemin qu’ils ont parcouru pour changer.

À mon sens, le genre ne doit plus être une catégorie, une subdivision ou un critère déterminant. Au sein de notre société – toujours très enclavée dans la détermination du genre – Transfer vient s’interroger sur ces personnes au destin singulier. Ils sont à eux seuls les représentants d’une évolution, d’un nouveau regard sur l’humanité, la maternité, l’acceptation… Ils ont besoin d’annoncer qui ils sont, de le partager, de détruire les codes classiques fondés par nos prédécesseurs. Leur transfert se fait ici par le biais de la photo, tous accompagnés par la peluche Dorothy et leurs plus sincères souvenirs. Je cherche ici à connaître ces hommes, ces femmes, et ces non-binaires qui ont fait le choix d’admettre leurs différences et d’en faire leur principale raison de vivre. Changer de sexe, laisser pousser ses cheveux, ou être opéré de la voix n’est pas le résultat d’une mode, d’une tendance passagère, mais bien la solution trouvée pour pallier leur fragilité, le rejet subit au quotidien, perçu inlassablement comme une souffrance perpétuelle.

Cessons de les considérer comme des choses.

Ils ne sont pas différents.

Ils sont humains.

Alexia Vic

Quelques mots de J.F. Leroy et D. Lelu…

30 ans

Depuis 1989, nous nous efforçons de vous présenter chaque année une sélection de ce qui se fait de mieux en matière de reportage et de photojournalisme. Pour célébrer les trente ans de Visa pour l’Image, nous avons souhaité vous offrir quelque chose de particulier.

Chaque année, visiteurs, photographes, iconographes, journalistes et autres curieux ne cessent de nous demander comment nous réalisons notre programme d’expositions et de soirées. Invariablement, nous avons toujours répondu la même chose : « Avec notre mauvais goût. » Une manière certes un peu maladroite d’exprimer notre philosophie de travail, mais qui la résume pourtant assez bien : nous ne nous reposons sur rien d’autre que nos convictions et notre vision de la photographie pour élaborer la programmation. Ainsi, nous nous félicitons d’avoir pu offrir les murs du Couvent des Minimes et l’écran du Campo Santo à tous les géants de cette profession, comme aux nouveaux talents que nous avons parfois su découvrir et accompagner.

Aussi nous paraissait-il difficile – et même contradictoire – de tenter de vous présenter les « grandes » photos de ces trente dernières années. Nous avons donc préféré vous présenter une sélection de « nos » grandes photos. Ces images sont les fragments d’une histoire. Celle de ce festival, mais aussi et surtout des photographes qui l’ont fait. Chacun à leur manière, ces clichés nous ont marqués et raconté quelque chose qui, à l’aube de cet anniversaire, nous semble toujours d’actualité. Des messages qui méritent encore de résonner dans les rues et les couloirs de cette ville ; des récits, des rencontres et des anecdotes qui ont participé à écrire l’histoire de Visa pour l’Image et que nous souhaitions partager avec vous. Car cet anniversaire, finalement, c’est aussi un peu le vôtre.

Bonne visite !

Jean-François Leroy et Delphine Lelu

Nous l’avons exposé cet été !

VuThéara Kham, “one of the most influential French Instagrammers”.

Originaire de Valognes, VuThéara Kham est le fils d’un restaurateur cambodgien.
Il découvre l’application mobile Instagram au début de l’année 2011.
Dès l’été 2011, il expose ses photos dans une start-up à Paris et reverse la totalité de l’argent récolté à l’association Pour Un Sourire d’Enfant qui a pour objectif d’aider les enfants défavorisés et déscolarisés au Cambodge.
Quelques mois plus tard, il se rend à New-York, à l’issue d’un concours organisé par FxStudio, une application de retouches photographiques, ce qui lui permet d’exposer trois de ses clichés à la Soho Gallery of Digital Art.

En 2013, VuThéara expose ses travaux au Salon du Livre de Paris et parallèlement sort un recueil de ses photographies “PointofVuth” publié par la maison d’édition La Martinière dans lequel sont rassemblés ses clichés de voyages.

« Voyageur du monde, Parisien de cœur, VuThéara sait faire rêver en s’amusant au quotidien. Il le transforme pour donner à voir un monde poétique et sensible, un PointofVuTh inscrit dans la modernité du XXIe siècle », cite Brigitte Govignon, historienne de l’art, éditrice et auteur à la maison d’édition La Martinière.

En 2014, à l’occasion de l’exposition « Art Loves You » organisée à la Galerie Joseph dans le Marais à Paris, et réunissant une dizaine d’artistes, VuThéara dévoile pour la première fois en grand format ses photos d’architecture et de street art.

En 2015, il est nommé parmi les français les plus influents d’Instagram par l’agence Hotwire.
En 2018, il affiche plus d’un million d’abonnés sur son compte Instagram.

En juillet 2018, la Galerie Mandarine, fidèle à sa volonté de favoriser l’émergence de talents encore trop méconnus, lui offre sa première exposition en solo.